Royaumont, une saison musicale.

Située à 30 km au nord de Paris, l’ancienne abbaye cistercienne, fondée par Saint Louis au XIIIème siècle, est toujours pleine de vie. Les 130 moines présents au Moyen Age ont désormais laissé place à des artistes. En effet depuis les années 1960 Royaumont est un centre international dédié aux artistes de la musique et de la danse.

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copyright photo : Akim El Sikameya, ancien résident de la Fondation Royaumont

Si de nombreuses manifestations sont organisées tout au long de l’année, le Festival qui s’ouvre ce week-end est véritablement la vitrine de l’activité permanente de ce centre artistique. Une traversée du temps, au travers de la danse et  de la musique ancienne à la création contemporaine. Et je ne fais pas ici allusion à Maître Gims ou à Fero Delavega, il ne s’agit pas de profaner ce haut lieu de la musique (1). Ce festival est le moment privilégié pour découvrir ou redécouvrir l’abbaye – qui vient de bénéficier d’une campagne de six mois de restauration – tout en profitant de spectacles inédits. Pas de meilleur cadre pour déconnecter de la réalité urbaine et s’évader le temps d’un concert et plus sans aucun doute.

Si vous n’étiez pas très motivé qu’ici, ceci est une vraie bonne raison – jusqu’au 9 octobre 2016 – pour faire le déplacement. Raison d’autant plus intéressante qu’elle ne se résume pas à une somme de représentations payantes. La majorité le sont évidemment (2) mais en détaillant bien le programme et l’agenda, vous pourrez observer quelques événements gratuits, dont  le samedi 25 septembre un spectacle de danse dans le cloître de l’ancienne abbaye.

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Concert dans le réfectoire de l’Abbaye. Copyright photo : Agathe Poupeney – Fondation Royaumont

Le temps du Festival vous pourrez également participer à une expérience inédite : celle de la cabane de Loïc Guénin qui s’inscrit dans un projet plus vaste. La cabane ? Tout simplement, un cube de bois installé dans les jardins de l’abbaye qui comporte des ouvertures en bandeau offrant des points de vue particuliers et permettent de ne pas être totalement coupé de l’environnement extérieur. A l’intérieur une table, une chaise et un carnet. Vous êtes a invité à entrer dans le cabanon, à vous poser un instant et à en laisser une trace écrite dans le fameux carnet. Ces mots deviendront la matière première d’une future composition. Vous passez ainsi du statut de spectateur/auditeur à celui d’acteur.

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La cabane de Loïc Guénin installée dans les jardins de Royaumont.

Enfin s’il fallait achever de vous convaincre, sachez que le Festival se déroule les week-ends, jours où une navette est mise à disposition pour vous éviter de marcher les 5 kms qui séparent la gare de Viarnes de  l’abbaye (3), car si à l’aller la descente est plutôt aisée au retour elle se transforme en une côte  quasi interminable.

E.E.

(1) Je ne dis pas « haut lieu » uniquement pour le plaisir, la Fondation de Royaumont attire véritablement des professionnels du monde entier au travers de programmes de recherches, de ses formations etc…

(2) Notez que les prix restent généralement abordables – entre 10 et 30 euros.

(3) Les navettes sont payantes (5 euros A/R) et pensez à appeler au 01 30 35 58 00  pour réserver et vérifier les horraires.

 

Malaga, la cité ensoleillée

Située au sud de la péninsule Ibérique, Malaga est le point central de la Costa del Sol – comprenez la « côte du Soleil », rien que ça – et nous vend 320 jours de soleil par an. Ajoutez à cela ses plages de sable fin, les sardines cuites au feu de bois et son fameux vin doux (1) il n’en faut pas plus pour attirer les foules. Et si vous n’étiez toujours pas convaincu vous avez même à proximité des montagnes pour aller crapahuter (2). C’est donc avant tout pour son mode de vie décontracté et son climat favorable que les touristes affluent. Ne vous y méprenez pas, Malaga est également une ville d’Histoire et de Culture.

La cité fut fondée au VIIIème siècle avant J.C. par les Phéniciens, elle est de ce fait l’une des plus anciennes d’Europe. Idéalement située sur le bassin méditerranéen, Malaga prospère au IIIème siècle sous la domination romaine, notamment grâce à l’exportation de denrées alimentaires. C’est toutefois la période musulmane (714-1487) qui marque l’apogée de la ville qui l’impose comme l’un des principaux ports d’Al-Andalus.

Reconquise par les rois chrétiens en 1487, Malaga va alors connaître une longue période de stagnation jusqu’au XIXème où elle prospère à nouveau sous l’impulsion de la Révolution Industrielle et devient la première ville industrielle d’Espagne. Le franquisme stoppera tout au début du siècle suivant avec de nombreux épisodes sanglants.

Ouverte au tourisme depuis les années 1970, Malaga est désormais un important centre culturel et économique. N’y connaissant rien en économie voici mes incontournables de la culture malagueña.

– L’Alcazaba – d’abord fondée par les Phéniciens, puis reconstruite au XIème siècle, cette forteresse est l’une des plus importantes constructions militaires musulmanes conservées en Espagne. Elle faisait partie du système défensif et était reliée aux remparts de la ville dont il ne reste plus que quelques vestiges qui escaladent la colline.

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Alcazaba de Malaga

– La château de Gibralfaro – dominant la ville, les vestiges du château construit au XIVème siècle pour défendre l’Alcazaba. Les deux édifices sont d’ailleurs reliés. Notez que depuis le chemin de ronde la vue est absolument imprenable sur Malaga.

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L’Alacazaba et le château de Gibralfaro

– la cathédrale de la Encarnación – comprenez la cathédrale de l’Incarnation. Elle s’érige sur le site de l’ancienne mosquée dont il ne reste aujourd’hui plus que quelques orangers dans un jardinet attenant à l’une des façades. Sa construction s’étira du XVIème au XVIIIème d’où le mélange des styles dans son architecture. Ses plans seraient dus à Diego de Siloé, l’architecte de la cathédrale de Grenade. Notez qu’elle ne fut jamais achevée, l’une de ses deux tours n’est construite qu’à moité. Cela lui vaut le surnom de La Manquita  – comprenez la manchote.

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Cathédrale de Malaga

Au premier étage se trouve un petit musée qui ne paye pas de mine. Il abrite notamment un magnifique Ribera, des pièces d’orfèvrerie et sculptures du XVIème et XVIIème siècle.

le musée Picassole – Ah Pablo Picasso !  L’enfant du pays (3) ! Dans un joli palais renaissance sont présentées les œuvres de l’artiste issues de la collection privée de la famille Picasso. Plus de 200 huiles, dessins, gravures, sculptures et même des céramiques.

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Cour de l’Hôtel particulier qui abrite le musée Picasso

le musée Carmen Thyssen-Bornemisza – ou plus exactement l’annexe du musée madrilène. Sont ici présentées plus de 230 œuvres de la peinture espagnole de la fin du XVIIIème et du XIXème siècle, de Goya à Sorolla , période qui reste encore assez mal connue.

le musée Pompidoulà encore il s’agit d’une annexe mais cette fois temporaire (4). 70 œuvres du centre Pompidou de Paris y sont exposées jusqu’en 2020, et offre d’intéressantes expositions temporaires.

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Centre Pompidou Malaga

– Je clos mes incontournables avec deux lieux plus atypiques : le Pimpi c’est LA bodega de Malaga où l’on va déguster (avec modération bien sur) le célèbre vin doux de la région. Et dans un second temps la casa Mira célèbre pour son tourron (sorte de nougat) en hiver et pour ses glaces au tourron en été !

E.E.

(1) En réalité le dit-vin est produit à une vingtaine de kilomètres de la ville, mais qu’importe on reste dans la même commune ! Le breuvage est si savoureux que sa réputation dépasse de loin les frontières espagnoles ! Vous pouvez en apprendre plus sur la question en cliquant ici.

(2) Pour ma part j’ai tenté l’expérience du  caminito del rey! A faire absolument ! Retrouvez ma vidéo de mon périple  sur Youtube. ATTENTION : il faut soit réserver très en avance soit se présenter à l’ouverture pour avoir une chance de rentrer.

(3) Malaga est la ville natale de Picasso, de ce fait vous pouvez visiter la maison de son enfance. Je fais ici volontairement le choix de l’omettre de mes incontournables car la visite est loin de m’avoir séduite. Si vous souhaitez en apprendre plus sur Pablo Picasso enfant n’hésitez pas à y faire un tour, sinon passez votre chemin vous n’apprendrez rien sur le peintre. Notez qu’il y a parfois des expositions temporaires intéressantes.

(4) Le Pompidou Malaga a été inauguré en 2015 pour une durée (renouvelable) de 5ans.

L’Alhambra, joyau de l’Andalousie.

« Rien n’est plus triste dans la vie que d’être aveugle à Grenade » écrivait Francisco de Icaza.

Installée au pied de la sierra Nevada, avec ses ruelles, ses petites places et ses nombreuses églises, la ville possède un charme sans nom dont le summum est atteint par la découverte de l’Alhambra, perché sur une colline, qui durant des siècles veilla sur la capitale du royaume Nasride.

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L’Alhambra vu depuis le Generalife.

Qa’lat al-Hamra’ en arabe signifie « le château rouge » (1), à cause de la couleur de ses murs. Toutefois, s’il n’est question dans le nom que d’un château dans la traduction du terme Alhambra, il s’agit en réalité d’un vaste complexe palatial construit à différentes époques.

Indépendamment de Grenade, l’Alhambra fut construit comme une ville princière, autonome et fortifiée avec environ 1 730 mètres d’enceinte et plus d’une trentaine de tours. La cité se composait de trois secteurs : une zone de casernes, le domaine palatin où résidaient les sultans et une médina où vivait le personnel de la cour et l’administration.

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Plan de l’Alhambra

La partie la plus ancienne du complexe est une forteresse militaire, érigée vers le milieu du XIème siècle (2), appelée l’Alcazaba. La garde permanente du complexe palatin y vivait. Comme toute installation militaire elle se situe sur un lieu propice du point de vue stratégique : on peut y observer et contrôler toute la ville basse et ses environs. Son architecture est grossière comparée au reste de l’Alhambra, l’élément emblématique de l’édifice étant sa tour de guet (Torre de la Vela).

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L’Acazaba de Grenade

C’est aux palais de Mexuar, de Comarès et au palais des Lions, tous du XIVème siècle, que l’Alhambra doit avant tout sa renommée. Les souverains chrétiens eux-mêmes s’en servaient de résidence privée de sorte à pouvoir profiter des splendides décors, du moins à la fin du Moyen Âge.

Au premier coup d’œil sur la façade des palais, nous sommes bien loin de nous douter du ravissement qui nous attend à l’intérieur des palais. La sobriété extérieure des palais contraste fortement avec les riches décors des patios autour desquels s’agencent différentes pièces. L’architecture d’une finesse extrême, tout en moçarabes (3), frises où se mêlent motifs géométriques et lignes d’écritures et stuques, offre un ravissement sans égal. Notez qu’auparavant l’ensemble des éléments sculptés étaient peints.

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La disposition des bâtiments, agencés autour d’une cour intérieure avec une source d’eau centrale, qui permettait de déterminer les proportions du plan et l’élévation de l’édifice, est caractéristique de l’architecture nasride.

La Medina, située en amont de l’Alhambra, sur une pente douce qui monte vers l’ouest, est une véritable ville destinée à assurer la subsistance et l’approvisionnement du palais. Agencée autour d’une artère principale, la Medina comprenait des bains publics, une mosquée, des boutiques …

Le dernier élément venu prendre place dans l’Alhambra fut le palais de Charles Quint qui abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts de Grenade. Suite à son passage dans la ville en 1526, le souverain décide de s’y faire ériger une demeure qui ne sera hélas jamais achevée. C’est un certain Pedro Machuca, italien formé auprès de Michel-Ange, qui est chargé de la réalisation et qui opte pour une œuvre des plus classiques. Le plan du bâtiment est des plus simples : un cercle inscrit dans un carré (4), le cercle correspondant à la cour et le carré aux corps de bâtiments.

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Cour du palais de Charles Quint

Enfin en dehors des murs de l’Alhambra, les sultans disposaient de nombreuses propriétés. La mieux conservée est le Generalife (de l’arabe jannat al-arifa qui signifie « jardin de l’architecte ») à proximité immédiate de l’Alhambra, à laquelle le Generalife est relié par une série des jardins, aujourd’hui encore cultivés. Edifiée en 1319, il s’agissait du palais d’été du souverain. Les dimensions sont nettement plus modestes et l’architecture simplifiée : deux corps de bâtiments ordonnés autour d’un patio et d’une source. Il n’en faut pas plus pour trouver la sérénité…

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Le Generalife

Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’architecture et la civilisation islamique je vous invite à consulter l’ouvrage suivant, où vous trouverez un point important consacré au royaume de Grenade :

Markus HATTSTEIN & Peter DELIUS (dir.), L’Islam. Arts et Civilisations, Toulouse, 2004.

E.E.

(1) Pour ceux qui auraient oublié leurs cours d’Histoire du collège, Grenade fut le dernier royaume islamique d’Europe Occidentale avec le règne des Nasrides. De manière plus vaste l’Andalousie (al-Andalus) fut sous la domination musulmane de 711 à 1492. Pour revoir un peu toute cela je vous invite à cliquer ici.

(2) De par la position stratégique de la base militaire et des palais, il est fort possible qu’il y ait eu des constructions défensives antérieures, voire antérieure à la présence musulmane. Toutefois, la permanence des édifices rend difficile une prospection qui viendrait confirmer cette idée.

(3) Élément d’architecture médiévale islamique, il s’agit d’un décor en forme de nid d’abeille, qui recouvre généralement les plafonds des riches demeures.

(4) Ce plan est évidement hautement symbolique : le cercle étant parfait à l’image de Dieu, tandis que le carré renvoie à l’Homme et à la Terre.

Un été à Paris

Choix ou une contrainte  : Vous ne quittez pas la capitale cet été !  Rassurez-vous il y aura largement de quoi  vous occuper à Paris aux  mois de juillet et d’août, quels que soient vos goûts.

Comme chaque année  vous pourrez vous faire dorer sur les transats de Paris plage (si tant est que le soleil daigne enfin être au rendez-vous) et flâner sur la voie  Georges-Pompidou du côté du tunnel des Tuileries  pour profiter des œuvres et activités du  musée du Louvre sur le thème du Nil ; aller aux séances de cinéma en plein air à la Villette ;  vous déhancher lors de multiples festivals ; en prime vous pourrez admirer le clair de lune depuis certains des parcs de la capitale.

Paris tout au long de l’année,  et comme toujours, est un bouillonnement de culture– il y a tant de musées et de monuments que je ne saurais tous les citer (1) – si bien que le plus difficile n’est pas de savoir ce qu’il y a faire, mais que choisir.  Je vous propose une petite  sélection à partir de  5 musées et monuments.

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Les monuments aux morts de la Grande Guerre  – au Panthéon

Le Panthéon et les monuments aux morts de la Grande Guerre   – A  l’occasion de la mission du centenaire 14-18 (2) et des 100 ans de la bataille de Verdun,  le centre des monuments nationaux-CMN présente au Panthéon une exposition à partir du premier recensement photographique des monuments aux morts en France. Je vous vois venir. Présenté ainsi, vous me direz que cela ne vous fait pas rêver. Ce à quoi je vous répondrai : n’allez pas au Panthéon pour voir cette exposition. Mais allez au Panthéon et profitez-en pour voir cette exposition. C’est  l’occasion de prendre conscience de l’histoire de la France par un biais différent. Les monuments aux morts sont présents partout à coté de nous, chaque commune de l’hexagone possède le sien parfois même plusieurs – il y a plus de monuments aux morts que de communes – et pourtant nous n’y prêtons que peu  d’attention (sauf peut-être pour les célébrations du 11 novembre). En plus de raconter une histoire, ils répondent à des critères particuliers, leurs emplacements, leurs dimensions et leurs ornementations sont très variés toutefois des motifs récurrents se retrouvent. Que leur esthétique vous touche ou non il s’agit bien d’une catégorie d’œuvre d’art. Si vous n’êtes toujours pas convaincu ce sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir le Panthéon, ce monument de style néo-classique lui-même dédié à la mémoire de la nation,  puisque qu’il honore le souvenir de grandes figures historiques – parmi lesquelles quatre  femmes seulement – dont il  abrite  les corps (à quelques exception près) dans  sa crypte. Si cela ne suffit pas à motiver votre intérêt sachez également que les parties hautes  du Panthéon sont à nouveau ouvertes au public offrant une superbe vue à 360° sur Paris.

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Médaillon (détail) scène galante, style de Limoges XIXème siècle.

Le musée de Cluny et Les émaux de Limoges à décor profane Le musée possède le talent de présenter des expositions dont le sujet  est souvent méconnu. Personnellement,  au delà de  la qualité de ces expositions, c’est l’un des points qui attise ma curiosité et me séduit.  Pour rappel et   grosso modo  les émaux sont la résultante d’une technique, connu depuis l’Antiquité,  qui utilise le feu pour fixer une matière vitreuse sur un support métallique. Les émaux  de Limoge à l’époque médiévale, sont des surfaces métalliques creusées d’alvéoles où l’on déposait  de la poudre de verre humide mélangée avec certains oxydes pour obtenir de superbes coloris, les cuissons successives portées à de très hautes températures fixaient la poudre et les couleurs, qui faisaient ensuite l’objet de ponçages successifs,  le support (cuivre, argent…) pour sa partie visible est ciselé et recouvert d’un mélange d’or et de mercure, donnant à l’ensemble un intense et  bel éclat. A  une époque – le Moyen Âge puisque Cluny est son musée – où le religieux domine tout, il est intéressant de voir qu’il existait aussi une production profane très prisée.  Vous me direz à présent : mais pourquoi irions nous voir des émaux ? En quoi cela peut-il bien nous intéresser ? Allez-y, allez-y  : le charme va opérer. Il s’agit d’une quarantaine de pièces, majoritairement des médaillons aux bleus sublimes, réunies autour d’un coffre fameux au décor sophistiqué, prêt du  Palazzo Madama de Turin.  Chercher bien la pièce de l’expo, pas très grande elle est située tout près de  la « Dame à la Licorne » dont vous pourrez encore et encore tenter de trouver le sens de la mystérieuse inscription/ 6ème tapisserie:« Mon seul désir ».  De plus là encore, l’exposition sert de prétexte à visiter le lieu, et ensuite vous pourrez aller faire une  ballade côté  montagne Sainte Geneviève.  Vous voulez que je vous dise  :  Cluny est un écrin et ses expos des bijoux.

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Charles Gleyrre, la danse des bacchantes, 1849.

Le musée d’Orsay et Charles Gleyre le romantique repentiJe fais ici volontairement le choix de mettre en lumière cette exposition et non celle dédiée au Douanier Rousseau. D’une part car cette dernière ferme courant de l’été mais surtout parce que Charles Gleyre est un artiste bien moins connu et qui pourtant mérite que l’on s’y attarde un moment. Cela dit, rassurez-vous une fois dans le musée vous aurez accès aux deux expositions, elles ne s’excluent donc pas. Pour en revenir à notre sujet , Charles Gleyre :  ce dernier était un contemporain d’Ingres et de Delacroix, pas moins talentueux il est pourtant longtemps resté dans l’ombre, peut être aussi parce qu’il eut des élèves aux personnalités marquantes, comme Renoir, Sisley  et même ponctuellement Claude Monet. La perfection lisse de ses œuvres et les sujets majoritairement mythologiques le situent en marge des artistes de son temps, le purisme de sa manière et une certaine mélancolie de sa vision en font certainement un peintre différent. Le musée d’Orsay est le premier a consacré un tel évènement monographique à l’artiste  suisse. Peintre mais également voyageur, il fut l’un des rares de son temps à voyager jusqu’au Soudan comme en témoigne les premières pièces de l’exposition.

Le musée d’Art Moderne de Paris avec Paula Modersohn-Bercker et Albert MarquetCes  expositions se consacrent à deux artistes relativement peu connus du grand public.

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Paula Modershon-Becker, portrait de jeune fille, début XXème siècle.

 

 

La première présente Paula Modersohn-Becker  qui compte parmi les précurseurs du mouvement expressionniste allemand ;  méconnue en France, elle est une figure majeure de l’art moderne. En  seulement une décennie  cette artiste (elle morte jeune à 31 ans) a produit une quantité importante d’œuvres, dont les thèmes restent des standards de l’époque (autoportraits, mère et enfants, paysages…), mais dont l’audace et l’esthétique très personnelle sont novatrices.  Ses représentations de la femme, de la mère avec son enfant notamment dégagent une sensibilité très prenante. Entre Modigliani et Gaugin, les grands maîtres, je lui ai trouvé une vraie place ! Vous aussi sans doute.

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Albert Marquet, vue du port du Havre, vers 1911.

De Marquet,  grand ami de Matisse  dont il est resté dans l’ombre, on retient ses marines, et  en général  la fantaisie et le calme apaisant de ses œuvres, la délicatesse de l’atmosphère qui s’en dégage et l’omniprésence de l’eau dans ses réalisations. Une certaine simplification des formes, une palette aux tonalités douces : moi je suis fan !  Allez voir cette  rétrospective et faite une belle ballade  au bord de l’eau (et sur l’eau) déclinée en des milliers de nuances.

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Edouard Moyse, autoportrait, 1853

Le musée du judaïsme et Edouard Moyse – Curieuse, je suis curieuse donc je vais aller découvrir Edouard Moyse. Artiste  lorrain, néo-classique oublié, il est présenté comme LE maître incontesté du genre israélite au XIXe siècle. Les articles parlent plus de son engagement, de son humanisme que vraiment de son art si ce n’est pour une évocation rapide à Poussin ou pour signaler une magnifique série de  pastels . Alors oui je vais aller voir cette exposition, organisée par le musée d’art et d’histoire du Judaïsme et le musée des Beaux-Arts de Nancy.  Je vous y rencontrerai peut-être ?

E.E.

(1) Ils ont été listé sur Wikipedia, si vous avez 10 min a tuer vous pouvez les compter ici.

(2)La mission du centenaire a pour but de commémorer ce passage de l’histoire mais de faire participer le public à cette commémoration au travers de différentes manifestations, pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la mission du centenaire . De ce fait jusqu’en 2018 vous risquez d’entendre encore parler d’un certain nombre d’évènements sur le sujet.

 

Florence la Magnifique

Huitième ville d’Italie. Chef-lieu de la Toscane. Florence est l’une des plus belles , si ce n’est la plus belle  ville du pays. Construite autour du fleuve de l’Arno et entourée d’une campagne verdoyante à plus de 10km à la ronde, l’ancienne république (1) conserve plus de 25% du patrimoine italien. La famille des Médicis – dont bien sûr Laurent le Magnifique (2) – contribua largement à cela ainsi qu’à son renom.

Fondée sous l’Empire romain, en 59 avant Jésus-Christ, Florence ne commença à prendre de l’importance qu’au XIIème siècle. La ville croît alors considérablement et s’enrichit grâce à l’art de la teinture – les florentins affinent, teignent et réexportent à des prix élevés les draps achetés en Flandre et en France. Malgré quelques conflits politiques internes, Florence est prospère et influente, elle entame dès la fin du XIIIème siècle ses plus grands chantiers tels dont le duomo­, le palazzo vecchio ou encore les remparts.

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Vue sur Florence depuis san Miniato

Mais au milieu du XIVème siècle la peste noire sévit. Florence s’ébranle. Les compagnies marchandes tentent d’en profiter pour s’accaparer la direction de la ville, mais s’éliminent entre elles. Seuls les Strozzi et SURTOUT les Médicis – riches familles de banquiers-marchands – parviennent à rester en place. Cosme l’Ancien réussit même à instaurer la seigneurie de sa famille en 1433. Particulièrement puissants – ils possèdent un vaste empire maritime, mais aussi Pise (à partir de 1406), des ports et d’autres possessions extérieures. Les Médicis sont aussi des humanistes et de grands mécènes. Une fois au pouvoir ils contribuent à faire de la ville LE centre artistique et intellectuel d’Italie.

Hélas à partir de 1490, Savonarole (3) dénonce la richesse, le luxe et la corruption des mœurs dans la République et accélère la dispersion des artistes dans le reste de l’Italie voire hors de celle-ci. Pire encore il ébranle l’autorité des Médicis, s’empare du pouvoir et met au bûcher nombre d’œuvres dont certains Botticelli. Victime de son sectarisme il finit lui aussi brûlé. Les Médicis reviennent alors dans la cité en 1512, et perdurent jusqu’au milieu du XVIIIème siècle.

Bien que le temps de la gloire des Médicis soit aujourd’hui bien loin, voici 10 visites qui vous permettrons de découvrir la grandeur de cette famille :

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Palazzo Medici – Riccardi , la chapelle des mages (détail)

Palazzo Medici-Riccardi  – la demeure familiale des Médicis, fut commencée à partir de 1444 sur ordre de Cosme l’Ancien qui souhaitait une résidence digne de la richesse et la puissance dont jouissaient les siens. Le palais rompt avec la tradition médiévale et s’ordonne autour d’une magnifique cour à haut portique. La pièce la plus extraordinaire est certainement la chapelle dite des mages, qui se trouve au 1er étage de la demeure. Cette minuscule pièce est ornée de fresques réalisées par un élève de Fra Angelico , Benozzo Gozzoli en 1459. Autour du thème des rois mages, le peintre offre une évocation brillante et pittoresque de la vie florentine où l’on peut observer les portraits d’illustres hommes de l’époque dont le jeune Laurent le Magnifique.

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San Lorenzo

 

La basilique San Lorenzo – comme vous le savez peut-être une basilique est une église qui abrite le corps d’un saint. Son tombeau se trouve généralement dans la crypte sous le maître-autel (4). Or ici dans ce cas c’est le tombeau de Cosme l’Ancien qui se trouve sous l’autel ! Véritable chapelle des Médicis – dont le palais se trouvait à deux pas – San Lorenzo fut la première église de la Renaissance florentine. Réalisée par Brunelleschi à partir de 1420, elle adopte un plan basilical à 3 nefs et mêle des structures romanes déjà existantes à des éléments empruntés à l’architecture antique gréco-romaine.

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Manuscrit de la bibliothèque Medicea Laurenzianna

La bibliothèque Medicea Laurenzianna – ne manquez pas non plus le cloître attenant à la basilique, réalisé dans un style élégant et épuré, il vous permet d’accéder à la bibliothèque Laurentienne – local destiné à accueillir des fonds d’une valeur inestimable, construit au XVIème siècle. Elle se compose notamment d’un vestibule avec un superbe escalier baroque à triple volée et d’une magnifique salle de lecture dont le plafond à caissons et les pupitres sont l’œuvre de Michel-Ange. Cette bibliothèque conserve plus de 10 000 manuscrits, qui y sont exposés par roulement, dont un Virgile du Vème siècle.

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Sagrestia nuova – Michel-Ange, le tombeau du duc de Nemours.

La chapelle Médicis – le monument, contigu à la basilique San Lorenzo, se compose en réalité de plusieurs chapelles dont les plus importantes sont la chapelle des princes dont les proportions écrasantes et l’austérité sont saisissantes. Mais surtout la sagrestia nuova, qui s’avère être une chapelle funéraire construite au XVIème siècle pour abriter les tombeaux des Médicis. Cette sacristie fut le premier travail de Michel-Ange en tant qu’architecte, et abrite des tombeaux également réalisé par lui où s’associe son génie architectural et sculptural.

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loggia della Signoria – Fernando Bologne, l’enlèvement des Sabines.

La loggia della Signoria un peu plus à l’ouest, non loin de l’Arno, un édifice gothique construit au XIVème siècle qui s’ouvre sur la place de la Seigneurie. Construit pour abriter les membres de la seigneurie pendant les cérémonies officielles, la loggia abrite à partir du XVIème siècle des chefs-d’œuvre de la sculpture sous l’impulsion des Médicis. Ce fut la première véritable exposition montrée au monde, et par la même une magnifique vitrine montrant la puissance de ses grands mécènes.

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palazzo vecchio– détail du décor peint

Le palazzo vecchio –  face à la loggia un magnifique exemple de l’architecture gothique civile, surplombe la place de la Seigneurie avec son beffroi de 94m de haut. Erigé à la fin du XIIIème siècle, il était destiné à accueillir le gouvernement de ville. Au XVIème siècle, Cosme Ier de Médicis en fit également sa demeure, car mieux adaptée aux fastes de la cour que le palais de la famille. Il fera agrandir le palais à cette occasion.

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Botticelli, la calomnie, vers 1494, galerie des Offices.

La Galerie des Offices/Galleria degli Uffizi –a tout juste quelque pas se trouvent également les Offices. Réalisés à la demande de Cosme Ier, à partir de 1560, pour regrouper l’ensemble des bureaux administratifs (Uffizi), François Ier de Médicis commença à transformer ceux-ci en pièces de musée où se trouvaient exposées les œuvres amassées par sa famille. Aujourd’hui les collections médicéennes composent l’essentiel des collections du musée.

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musée du Bargello

Le palazzo del Podestatoujours non loin de là, un petit palais gothique construit au XIIIème siècle pour le Podestat (5), vous vous direz : « rien à voir avec les Médicis ! »… et pourtant ! Au XVème siècle, le palais devient une prison dont la cour est convertie en lieu d’exécutions. A la même époque, Cosme l’Ancien faisait peindre sur sa façade les portraits des nobles pendus pour s’être opposés à lui. L’ancien palais abrite aujourd’hui un magnifique musée dédié à la sculpture : le musée du Bargello.

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palazzo Pitti

Le palazzo Pitti – sur la rive ouest de l’Arno, une fois le ponte Vecchio traversé, vous trouverez un monumental palais renaissance : le palazzo Pitti qui encadre sur trois côté une petite place en pente. Réalisé au milieu du XVème siècle pour le riche banquier Luca Pitti, le palais fut racheté par la famille Médicis en 1549 et devient la résidence officielle de la famille. Sachez que Marie de Médicis y résida avant de venir à Paris épouser Henri IV, et que le palais du Luxembourg (actuel Sénat ) qu’elle y fit construire est directement inspiré de ce palais florentin.

Enfin, si vous passez suffisamment de temps à Florence n’hésitez pas à louer une voiture et à arpenter la Toscane. Pas moins d’une douzaine de villas médicéennes– classées au patrimoine mondial de l’UNESCO – y sont disséminés.

Au travers de ces visites vous pourrez observer comment ces riches marchands-banquiers qu’étaient les Médicis se sont véritablement érigés au rang des plus grands princes d’Occident.  Ne passez pas pour autant à côtés des autres grands monuments de la ville tels que le Duomo, chef-d’œuvre de l’architecture gothique florentine, ou encore de Santa Maria Novella ou de San Miniato d’où vous aurez une vue imprenable sur l’ancienne République. Retrouvez ici toute les visites incontournables.

Retrouvez également la vidéo de mon séjour à Florence sur la chaîne Youtube d’Arts & Stuffs.

E.E.

(1) Le territoire italien ne fut unifié que très tardivement, et se composa longtemps de divers territoires. Les gouvernements étaient aussi divers dans la péninsule qu’il y avait de territoires. Dans le cas de Florence il s’agissait principalement d’une République, vous pouvez en apprendre plus en cliquant ici 

(2) Vous pouvez désormais apprécier le splendide jeu de mots du titre, si cela n’était pas encore le cas.

(3) Savonarole : saint ou fanatique exalté ? Il fut avant tout un dominicain prédicateur qui réforma considérablement l’Italie et surtout Florence. Pour en apprendre plus cliquez ici

(4) C’est notamment le cas dans la banlieue nord de Paris à Saint-Denis qui conserve le tombeau de … De ??? De saint Denis !

(5) Magistrat élu – généralement un étranger – qui était chargé des pouvoir exécutifs et judiciaires.

La culture du fantastique horrifique

Penny Dreadful. Qu’est-ce donc ? Une série télé. Oui. Mais encore ?

Il s’agissait à l’origine de petits-romans feuilletons, illustrés, vendus pour 1 penny dans l’Angleterre du XIXème siècle.

À l’époque victorienne marquée par  la révolution industrielle la Grande-Bretagne vit des années économiquement prospères.  En 1851, la première Exposition universelle à Londres illustre un âge nouveau et témoigne de la grandeur du Royaume-Uni qui domine un empire colonial grandissant sans cesse et qui d’autre part devient le géant industriel du monde.

Mais socialement le royaume  traverse  une crise bien réelle ou « période noire » selon certains historiens. Malgré les progrès économiques, scientifiques et techniques une profonde dégradation de certaines conditions de vie et  plus globalement de la condition humaine se constate, essentiellement dans les populations  laborieuses.

Charles Dickens, notamment dans son  roman  Les Temps difficiles (Hard Times for These Times) publié en 1854 dénonce  les conditions abominables et la misère des ouvriers, asservis à une société industrielle capitaliste  sans moralité et sans humanité. Dans ses croquis de 1869 Gustave Doré, témoigne de l’existence de poches de misère considérable dans Londres.

Avec des modifications dans  les habitudes culturelles des classes sociales et le développement de l’alphabétisation, la  pratiques de la lecture évolue, en plus d’être un moyen d’enrichir ses connaissances, elle devient source de divertissement.  La poésie, dans les classes aisées, et le roman sont très en vogue.

C’est dans ce contexte qu’apparaissent et se développent les penny dreadfuls,  à l’origine appelés  bloods penny, principalement destinés aux couches populaire. Publications hebdomadaires, composées de 10 à 20 pages,  où les illustrations jouent un rôle essentiel, celui d’attirer la curiosité des passant, la page de couverture se caractérise par une image « choc »,  illustration en noir et blanc sur la moitié supérieure de la première page, qui au fil du temps se transformera en une page entière en couleur. Il s’agit d’un premier phénomène de grande diffusion.

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Illustration de l’un des penny dreadfuls dédié à Varney le Vampire
Ces écrits, qui rapidement seront joués  dans de petits théâtres, plongeaient les lecteurs au cœur d’histoires macabres, sordides, souvent fictives et issues de la littérature de colportage ou qui rapportaient les faits sanglants de célèbres criminels. L’un des plus célèbres récits fut Varney le vampire – ou Le banquet de sang, publié de 1845 à 1847 sur 109 semaines, qui narrait les tourments infligés à la famille Bannerworths par Francis Varney.

Et là vous vous dites : Ok, mais quel rapport avec la série ? Et bien la série s’inspire directement de cette culture horrifique, sanglante et fantastique qui faisait tant fureur à l’époque victorienne. Nous y retrouvons la violence, le crime, le rapport au sexe  ainsi que tous les thèmes caractéristiques des penny dreadfuls, qui dérangeaient autant qu’ils attiraient.

C’est sur cette base, que  le réalisateur est venu greffer le genre du roman fantastique contemporain. Ainsi la série évoque Frankenstein ou le Prométhée moderne écrit par Mary Shelly et publié en 1818, l’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde  de Robert Louis paru en 1886, le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde paru en 1890 ou encore Dracula de Bram Stoker publié en 1897  qui s’inspirait de la célèbre histoire de Varney le vampire  (clin d’œil, dans l’épisode 6 de la saison 1, un exemplaire de penny dreadful  est tendu au Dr Frankenstein).

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Le portrait de Dorian Gray, illustration Benoit Springer.
L’ensemble de ces ouvrages – quasiment porté au rang de classique  – est à rattacher aux genres du fantastique et de l’horreur. On parle de « roman gothique ». Ceux-ci se caractérisent par un engouement pour l’histoire et le passé, une forte présence du religieux mais aussi des « démons », du mal. Les situations narrées sont sanglantes, horrible, et se déroulent dans des lieux tels que des châteaux, des ruines…

John Logan reprend dans cette série l’ensemble de ces éléments – éminemment gothiques – pour recréer l’atmosphère sombre et mystérieuse de la Londres victorienne avec un casting de choix :   Eva Green, Josh Hartnett, Timothy Dalton, Billie Pipper…,  offrant ainsi un divertissement méticuleusement travaillé et soigné,  adapté au public actuel, dont les avis restent  toutefois assez partagés. Pour ma part, je suis conquise !

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Le casting de la série Penny Dreadful avec Eva Green.

E.E.

P.S: Si vous souhaitez en apprendre plus sur la littérature anglaise de l’époque cliquez ici.

La Laponie, terre de contrastes.

La Laponie n’est certes pas une destination culturelle par excellence, j’en conviens. Mais cela reste une expérience tellement exceptionnelle que je ne pouvais faire l’impasse dessus.

Dernières étendues sauvages d’Europe. Une région qui regroupe 4 pays : l’Islande, la Norvège, la Suède et la Russie. La Laponie est aussi le lieu des extrêmes. En hiver il peut y faire moins 40 et en été plus 30. En juin-juillet vous pourrez profiter du soleil de minuit, alors que de  mi-novembre et mi-janvier le soleil ne se lève jamais, mais une  luminosité bleutée, environ 3 heures par jour  donne une atmosphère pleine de charme et de mystère. Et bien sûr, il y a les aurores boréales, un des spectacles les plus fascinants de la nature.

Voyager en Laponie, quelle que soit la saison, c’est renoncer à un rythme de vie habituellement pressé. De longue étendues désertes séparent les villes – des villes pittoresques aux maisons de couleurs vives  . Peu importe votre mode de transport, il vous faudra des heures  et des heures pour rejoindre votre point d’arrivée. Il faut plus d’une demi-journée pour relier Stockholm et le nord de la Laponie (1). Et  près de six heures sont nécessaires pour traverser la Laponie suédoise d’est en ouest. Il faut du temps, beaucoup de temps. Les locaux savent le prendre. Leur manière de vivre, y compris celle de parler est lente et posée. Au début cela déconcerte, mais  on s’adapte vite. Et le charme opère. Je me suis surprise à regarder par la fenêtre du train pendant tout le temps des trajets,  à rester assise devant la fenêtre de ma chambre à fixer ces étendues blanches pendant des heures, sans jamais me lasser.

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Parc naturel d’Abisko
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Parc naturel d’Abisko
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Parc naturel d’Abisko

La Laponie est d’un charme sans égal. De vaste forêts, des chaînes de montagnes à perte de vue, d’immenses étendues, des plaines silencieuses, de larges rivières et, si vous avez de la chance, de grands troupeaux de rennes : voilà ce que vous pourrez découvrir. C’est d’une beauté à couper le souffle. Mais n’allez pas croire que cette région se résume seulement à ces splendides paysages. C’est aussi une bonne dose d’Histoire.

En premier lieu il y a les Sâmes ou Samis, le seul peuple aborigène européen et la plus ancienne population lapone. Ses origines remontent à la dernière glaciation. Soit plus de 20 000 ans. Les Sâmes sont un peuple nomade, aujourd’hui encore, qui compte plus de 100 000 membres répartis sur les 4 pays qui composent la Laponie. Ils sont principalement connus pour leurs élevages de rennes – que les touristes peuvent aller voir – mais surtout pour leur artisanat d’une grande finesse (2), comme des couteaux et gobelets en bois de renne gravé, ou des bracelets et autres bijoux ornés de fils d’étain, ainsi que des sacs et paniers en écorce de bouleau.

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copyright photo : terre des sâmes.

De manière plus récente la Laponie a joué un rôle que l’on n’imagine pas toujours. Il s’agit d’une région minière très importante, notamment le nord de la Suède. Les mines ont été largement exploitée pendant la seconde Guerre Mondiale. Ainsi, sur les 22 millions de tonnes de fer utilisées par le Reich en 1938, 9 millions provenait de Suède en particulier de Kiruna. Cette petite ville est entière dédiée à l’activité minière – la mine peut se visiter – et on comprend pourquoi lorsque l’on sait qu’il s’agit du gisement de fer le plus important au monde, de plus d’une très grande qualité (3).

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La mine de Kiruna

Si les mines ne sont pas votre fort, vous pouvez également profiter d’un séjour en Laponie pour aller voir un village église… Un village église ?Voilà qui est insolite. De quoi s’agit-il ? ? Pour comprendre il faut se replacer dans le contexte : une Église d’état adoptant les thèses de Luther fut instaurée en 1540 après une première rupture avec Rome et la Réforme fut définitivement établie  par le  synode d’Uppsala en 1593.  Dès lors, l’église suédoise impose un  culte régulier. Les conditions naturelles  étaient difficiles,  l’étendue des paroisses rendaient les trajets hasardeux  et il était compliqué pour les paroissiens de se rendre à l’église. La solution pour remédier à cela fut de  construire des village autour des églises pour que l’on puisse y passer la nuit, rencontrer d’autres paroissiens et assister aux offices religieux hebdomadaires ainsi qu’aux fêtes religieuses : si un fidèle vivait à plus de 10km de la paroisse un bout de terrain lui était concédé près de l’église pour se construire une maisonnette où passer la nuit,  histoire qu’il n’ait pas à  tout faire sur une journée. Ainsi, sans tout l’ancien royaume de Suède (4) se sont donc formés  des villages églises, désertés de toute population   la majeure partie du temps. Rien que pour le nord de la Scandinavie 71 villages de ce type ont été dénombrés, il en reste aujourd’hui moins d’une vingtaine. Gammelstad,  avec  ses 424 maisons en bois serrées autour de l’église en pierre du début du XVe siècle, est le seul intégralement conservé –  un office y est d’ailleurs encore célèbré tous les dimanches – et de ce fait a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Le village église de Gammesltad

La Laponie est d’une richesse inouïe. C’est une expérience unique. Tentez là vous aussi !

Pensez également à aller voir ma vidéo de la Laponie sur Youtube.

Et comme toujours pour visiter la Suède vous pouvez vous référer au site Visit Sweden qui dispose d’une version française.

E.E.

(1)Vous pouvez vous renseigner sur les trains sur ce site. Si en été vous pourrez admirer de magnifiques paysages, n’oubliez pas qu’en hiver il fait nuit très tot et que vous ne pourrez pas profiter de grand-chose.

(2)Pour en apprendre plus sur les Sâmes vous pouvez vous rendre sur cette page qui leur est dédiée en cliquant ici.

(3)Chaque jour plus de 85 000 tonnes de minerai sont extraits de cette mine. Si vous souhaitez en apprendre plus je vous renvoie iciici.

(4)Pour vous faire une idée entre le XVIème et le XVIIème siècle le royaume de Suède était environ deux fois plus étendu et comprenait : la Suède actuelle, la Finlande actuelle et quelques annexions dans l’actuelle Russie et Allemagne. Pour vous faire une meilleure idée de l’histoire mouvementée du royaume de Suède je vous renvoie vers un article détaillé en cliquant ici .

 

 

 

Carambolages, gare à l’accident !

Dès son ouverture Carambolages a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Les médias s’en sont donnés à cœur joie. Il y a ceux qui crient au génie et ceux qui hurlent à l’aberration. Pas de demie mesure. On aime ou on déteste. Le constat est le même parmi mon entourage.

C’est un principe inédit pour la France que l’on découvre avec cette exposition. 184 objets et œuvres d’art juxtaposés, toutes époques et provenances confondues. Cela se veut original. Un véritable cheminement dans l’art universel, un réel voyage artistique, un lieu où chacun peut se faire sa propre histoire de l’art. Cela détonne, dérange même. A tel point que plusieurs directeurs de musées ont refusé des prêts… les méchants.

Après l’art contemporain provocateur voici l’exposition provocatrice (dont le commissaire est le directeur du musée d’art contemporain de la ville de Paris AKA Jean-Hubert Martin ). La couleur est annoncée dès l’entrée du musée où la tête d’affiche de l’évènement nous tire la langue.

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Anonyme flamand, détail d’un diptyque satirique, 1520-1530.
Un cartel monumental, unique, à l’entrée de l’exposition avec les règles du jeu. L’exposition “Carambolages” sollicite votre regard, votre imagination et vos interprétations pour une découverte ludique et sensible. Les artistes sont mus par une pensée visuelle et puisent leurs références dans l’art universel. Ils privilégient souvent les œuvres atypiques et aiment la surprise. Comme ici, leurs choix ne suivent pas les logiques et les catégories de l’histoire de l’art. La présentation des œuvres s’ordonne dans une séquence continue où chaque création dépend de la précédente et annonce la suivante.

Pas d’autres explications. Néanmoins, sur le côté un indice pour comprendre l’exposition : une plaque de collages réalisés par Aby Warburg – historien de l’art qui travailla sur l’iconographie sur la base d’analogies faites entre les œuvres. La clé de l’exposition se trouve dans les analogies imaginées par les organisateurs, mais aussi dans celles que le spectateur décide de voir.

J’avouerai pour ma part avoir eu beaucoup de mal avec ce concept. La plupart du temps je n’ai pas compris les analogies ou les ai trouvées d’une trop grande évidence. L’exposition m’est apparue comme simpliste. Toutes les sociétés, à toutes les époques ont représenté des crânes, est-ce suffisant pour les juxtaposer ? Oui Rembrandt a représenté un homme déféquant, son dessin mérite-t-il pour autant d’être présenté à côté d’un étron en plastique ? Le cher homme doit se retourner dans sa tombe à moins qu’il ne s’étrangle de rire… Peut-être le peintre a-t-il un esprit plus ouvert que le mien !

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En prime vous aussi vous pouvez faire vos propres associations d’oeuvres.
Sans doute faut-il mettre de côté une partie de son « formatage » universitaire, culturel, émotionnel. Le principe même de l’exposition pourrait ne pas être remis en cause mais les modalités de réalisation laissent un sentiment de frustration. Plutôt qu’une nouvelle approche de l’art ces analogies semblent être avant tout un prétexte sans réelle visée artistique, une simple juxtaposition.

En conclusion. Je n’ai pas aimé Carambolages. Insolite, éclectique, anachronique : certainement. Toutefois cela n’a pas déclenché d’émotion chez moi. Mais peut-être que vous, vous aimerez.

Elodie, du blog Ô mon château, par exemple semble avoir réussi à comprendre le message caché de l’exposition. Parvenant à replacer les objets entre eux, elle a su voir un fil logique au milieu de tout ce bric à brac. Ce qui l’a le plus séduite est que l’exposition sollicite le visiteur.

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Nicola van Houbraken, autoportrait, vers 1770.

Carambolages au Grand Palais jusqu’au 4 juillet 2016.

E.E.

Quand Budapest s’exporte à Paris

Lorsqu’un musée se voit contraint de fermer ses portes pour entamer d’importants travaux de rénovation, une question se pose : que faire des œuvres ? Se présentent alors deux options. La première consiste à les remiser en attendant la réouverture, peu folichon. C’est plus ou moins ce qui se passe actuellement avec le Musée National de Stockholm, qui abrite l’une des plus riches – si ce n’est la plus riche – collections d’œuvres d’art de Scandinavie, qui est fermé depuis plus d’un an. La deuxième possibilité quant à elle propose des expositions itinérantes. C’est ce qu’a choisi de faire le musée des Beaux-Arts de Budapest !

Ce musée est l’un des plus riches de Hongrie, voire d’Europe centrale. Les collections se formèrent à partir du XIXème siècle dans une volonté d’imposer Budapest comme capitale culturelle et artistique. Grâce à cette vaste campagne d’acquisitions, mais aussi aux nombreux dons d’amateurs éclairés, l’Etat réussit à constituer un fond suffisamment conséquent pour en 1896 décider de l’édification du bâtiment qui abrite désormais le musée. Il eut été dommage de laisser dormantes les œuvres de cette remarquable collection pendant les travaux.

C’est au musée du Luxembourg que vous pourrez découvrir – ou redécouvrir peut-être pour certains – quelques une des plus belles pièces de l’art occidental. Ne vous attendez évidemment pas à une exposition thématique. Comme moi, vous aviez peut-être d’abord imaginé une exposition dédiée à l’art hongrois. Que nenni. Il n’est pas pour autant absent, et heureusement ! Entre Dürer, Cranach, ou encore Greco et Goya, une dizaine d’œuvres hongroises s’exposent.

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Comme dans un musée, le parcours s’aligne sur les grands chapitres de l’histoire de l’art, cinq au total en commençant par le Moyen Âge et se déroulant jusqu’à l’époque contemporaine. Un sixième volet, central, se dédie non pas à une période mais à un genre, celui du portrait. Au total 80 œuvres. Les contenus ne sont pas toujours égaux : la Renaissance germanique et le siècle d’Or néerlandais présentent plus d’œuvres, reflet du goût des dirigeants qui firent ces acquisitions.

Cette exposition, bien que peut être atypique puisqu’elle ne suit pas une thématique précise, m’a séduite. Elle donne le sentiment de découvrir un nouveau musée. Un véritable voyage dans l’art européen.  Plutôt qu’un long discours, voici quelques photos prises lors de ma visite, s’il fallait encore vous convaincre d’y aller.

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Artiste hongrois, sainte Dorothée, XVème siècle.
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Albrecht Dürer, portrait d’un jeune homme, 1500-1510.
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Le Greco, annonciation, vers 1600.
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Päl Szinyei, l’Alouette, 1882.

Les chefs d’oeuvre de Budapest au Musée du Luxembourg jusqu’au 10 juillet 2016.

E.E.

Stockholm l’époustouflante

Une ville construite sur 14 îles, un archipel qui compte plus de 30 000 îles, îlots et récifs. Véritable Venise du Nord (1), la capitale suédoise s’est construite autour de l’eau et compte plus de cinquante-deux ponts. Sous ses airs tranquilles de provinciale, Stockholm vous réserve de nombreuses surprises. Entre son climat radical, ses ruelles pavées et colorées ou encore la surprenante gentillesse de ses habitants, le dépaysement est assuré.

On en repart les bras chargés de sacs de vêtements – la Suède : pays d’H&M, gloire à la Suède – de polars – L’auteur de la saga Millenium, Stieg Larsson, est suédois – mais aussi de nourriture : en plus du saumon fumé, des boulettes de viande et du hareng Stockholm propose aussi des brioches à la cannelle à se damner.

Stockholm c’est 7 siècles d’histoire. La mention la plus ancienne connue de la ville date du XIIIème siècle. Elle se résumait alors au centre historique sur l’île Gamla Stan – comprenez la vieille ville –  où se trouvait un fort destiné à la protection du royaume. Ce fort est en fait le donjon primitif du château de Tre Kronor –  soit les trois couronnes, l’emblème de la Suède. Au fils des siècles l’édifice s’est agrandi jusqu’à former un vaste château médiéval dont il ne reste plus grand chose puisqu’il brûla à la fin du XVIIème siècle.

Vous trouverez relativement peu d’édifices remontant au Moyen Âge et aux débuts de Stockholm. L’architecture prend véritablement un tournant sous l’Empire – suédois, tout ne tourne pas autour de Napoléon et des français- au XVIIème siècle. À ce moment la Suède devient l’une des grandes puissances européennes et entend bien se créer une cité digne de ce nom.  La ville s’agrandit et de nombreux châteaux et manoirs – Stockholm compte 10 châteaux – sont construits en périphérie comme le célèbre palais de Drottningholm actuelle résidence de la famille royale (2).  Stockholm est aujourd’hui toujours en construction – vous y verrez peut-être comme moi de nombreux chantiers – sachez néanmoins que toutes ces nouvelles édifications sont faites dans un souci de préserver la sky line (ligne d’horizon) avec ses tourelles et clochers pointus caractéristiques de l’architecture nordique.

Les images sont généralement plus parlantes que les longs discours. Voici donc un récapitulatif de mes temps forts à Stockholm.

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Vue sur Gamla Stan

La vieille ville Gamla Stan – l’ancienne cité médiévale, parcourue de rues sinueuses aux maisons colorées, avec plein de petites boutiques et de bons restaurants dont le slingerbulten.

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Palais Royal de Stockholm

Le palais royal de Stockholm Kungliga Slottetle plus vaste d’Europe avec 600 pièces réparties sur 7 étages. Inspiré du baroque romain, le palais a été construit à l’emplacement du château médiéval des Trois Couronnes qui brûla dans un incendie en 1697 et dont il ne reste plus que les murs de défense visibles en sous – sol.

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L’hôtel de ville de Stockholm

L’hôtel de ville Stadshuset – Ce bâtiment de brique rouge, dominé par une tour carrée qui culmine à 106m (dans laquelle vous pouvez monter en été) s’inspire des palais baroques. Il fut construit au XXème, au lendemain de la première guerre mondiale et est marqué par l’art nouveau suédois qui le décore. Parmi les pièces les plus remarquables, la chambre dorée dont les murs recouverts de mosaïques – d’inspirations byzantines – racontent l’histoire du pays.

Notez que Nobel vient de Stockholm et que c’est toujours à Stockholm qu’à lieu la cérémonie de remise du prestigieux prix, celle-ci se déroule dans le « Hall bleu » de l’hôtel de ville (3).

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Le vasa – navire de guerre du XVIIème siècle
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Gustav Vasa vous attendant au musée de la vie nordique

L’Ile aux musées Djugården L’île porte bien son nom puisqu’elle se compose de nombreux musées dont le célèbre Vasa Museet qui abrite un navire de guerre datant de 1620 et qui coula après avoir fait à peine 20 mètres – petit problème d’étanchéité surement. Le navire fut renfloué en 1961 et restauré, et constitue un vestige exceptionnel des navires de guerre anciens.

Ne manquez pas non plus le Nordiska Museet qui devait être un musée du folklore nordique et qui est finalement uniquement dédié à la Suède. D’ailleurs le roi Gustav Vasa vous accueille à l’entrée avec pour devise « Warer sewke » : SOYEZ SUEDOIS. Y sont rassemblés des témoignages du quotidien suédois au travers des âges, et vous verrez également le développement du célèbre design suédois – qui ne se limite pas à IKEA. L’île comprend également un grand parc où il fait bon flâner.

Musée de la photographie – légèrement excentré. Ce musée dédié à l’art de la photo est le plus grand du monde. Il contient toujours 3 expositions temporaires. C’est une véritable institution pour les stockholmois.

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Le pavillon de Gustav III – Haga Parc

Haga parc –  à 5 min en bus au nord de Stockholm, un vaste parc à l’anglaise construit au début XVIIIème siècle par le roi Gustav III qui voulait en faire son Versailles. Hélas, le roi est assassiné et les travaux ne sont jamais achevés. Vous pouvez voir les fondations du palais inachevés, appelées les « ruines » – à juste titre – mais également des exemples d’architectures dites augustiniennes (4). Ce parc offre aussi une promenade des plus agréables.

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Vue sur Stockholm depuis la Kaknästornet

Kaknästornet la tour de télévision – vous me direz : quel est l’intérêt d’une tour de télévision ? Et bien la vue qu’elle offre sur Stockholm et son archipel. Je pense que la photo parle d’elle-même.

Notez qu’il y a certaines choses que je n’ai pu faire, mais qui valent le coup : Le musée national – hélas en travaux – qui contient une collection d’une grande richesse, le palais de Drottningholm avec ses jardins à la française – véritable Versailles à la suédoise (4) – et bien sur un tour dans l’archipel de Stockholm qui ne peut se réaliser qu’à la belle saison.

Si vous aussi souhaitez visiter la capitale scandinave n’hésitez pas à vous rendre sur le site visitswenden  pour préparer votre voyage. Celui-ci est extrêmement bien fait et dispose d’une version en français. Vous pouvez également vous référer au site Guide Stokholm. Bien que datées, les informations pratiques sont toujours d’actualité.

Pour plus de photos rendez-vous sur le Pinterest d’Arts & Stuffs !

 

E.E.

(1)Normalement c’est Bruges que l’on nomme Venise du Nord à cause de ses nombreux canaux, comparables à ceux de la cité Italienne. Rien n’interdit de voir aussi des rapprochements avec Stockholm.

(2)Le palais de Drottningholm est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991.

(3)Le hall bleu n’est absolument pas bleu. C’était le but premier de l’architecte, mais une fois qu’il se retrouva face à la salle brute, achevée il fit le choix de la laisser ainsi.

(4)Le style gustavien renvoie en réalité au style dit « néoclassique » qui se développe à cette époque en Suède

(5)Si je parle de Versailles, ce n’est pas par rapport à l’architecture mais par rapport à l’utilisation qui en est faite. Palais hors de la capitale, il est le siège de la cour.